complotisme

Le complotisme sous divers angles

Le terme complotiste est entré dans le vocabulaire courant comme un anathème visant à discréditer l’opposant. Si ce mot implique, à l’origine, la croyance en un complot caché, orchestré par une minorité active manipulant les événements, on l’emploie désormais pour décrédibiliser l’adversaire.

Cela est d’autant plus facile que les réseaux sociaux regorgent de complotistes élaborant des théories toutes plus loufoques les unes que les autres sur des sujets qu’ils maîtrisent fort peu. Mais, comme le rappelle avec raison l’écrivain Xavier Eman, « il n’y a aucun rapport, non seulement de degré, mais bien de nature, entre, d’un côté, un Assange, un Snowden ou un professeur Raoult (…) et l’armada des « geeks » anonymes relayant n’importe quelle élucubration et entretenant leurs propres obsessions à grands coups de posts facebooks et de vidéos Youtube plus fantaisistes et grotesques les uns que les autres ».

Il faut faire la part des choses, d’autant que certaines théories du complot, comme celle du racisme systémique, ont le vent en poupe, avec l’aval des autorités. C’est pour cette raison que Philippe Randa, chroniqueur bien connu des lecteurs de Nouveau Présent, a réuni les contributions de plus de vingt auteurs dissidents dans un ouvrage intitulé La désinformation autour du complotisme.

On y apprend notamment que le phénomène complotiste n’est pas nouveau : dès l’Antiquité, des rumeurs circulaient sur de prétendus complots romains visant les Juifs. Au Moyen Âge, ces récits s’inversèrent avec la diffusion de rumeurs concernant les prétendus méfaits concertés de ces derniers. Il fallut toutefois attendre l’intervention de la CIA, dans la foulée des travaux de la commission Warren sur l’assassinat de John F. Kennedy, pour que le terme « complotiste » soit utilisé pour la première fois.

Depuis, on l’a employé dans maints contextes pour décrédibiliser certaines théories, notamment celle de l’origine humaine de la COVID-19, devenue depuis l’une des hypothèses les plus largement admises.

Les auteurs de ce recueil ne présentent pas un catalogue des différentes théories du complot en vogue — vous n’y trouverez donc ni les chemtrails ni les théories sur l’assassinat de JFK —, mais proposent plutôt des perspectives originales sur le sujet, que vous ne lirez pas dans les médias de masse. Des réunions de Big Pharma à l’instituteur américain se prétendant le marquis Ney, ils abordent, à leur manière, un sujet aussi vaste qu’inépuisable.

Rémi Tremblay

Randa, Philippe. La désinformation autour du complotisme, Éditions Dualpha, 2026, 207 p.

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