En été tout fonctionne au ralenti, parait-il. Quand la canicule s’en mêle, on aurait tendance à penser, pour le coup, qu’il faudra attendre septembre pour retrouver le dialogue en continu que constitue la réception régulière du Bulletin célinien, du Magazine des Amis de Jean Mabire, de la revue littéraire Livr’arbitres ou encore de la Revue du souvenir la Chouannerie du Maine (RCM). Eh bien pas du tout ! On a même l’impression que les animateurs de ces revues profitent de la baisse du volume global des parutions, de la diminution d’épaisseur des magazines, pour se rappeler à notre bon souvenir.
Il y a aussi une autre explication : ces revues étant rédigées, mises en pages et sous enveloppe, et expédiées par des bénévoles. Ceux-ci profitent donc des vacances – de leurs vacances – pour réaliser ces travaux. Du coup nos lectures d’été s’en trouvent diversifiées, comblées. D’autant que la canicule décourage les marcheurs, les pélerins, les joggers, les adeptes de la randonnée cyclistes.
Que lire en été ? Morand, bien entendu. L’auteur d’Ouvert la nuit et de Milady nous offre, vous le savez, une très large gamme de livres et de nouvelles qui s’accordent parfaitement avec les vacances. Il fut un voyageur quelque peu compulsif. Que fait-on en vacances ? On voyage. Le numéro de Livr’arbitres de cet été est très largement consacré à Paul Morand. Mais les précédents, sur Nimier, Mishima, Guitry, étaient pas mal, aussi, et témoignent de la qualité de l’équipe de passionnés de littérature que Patrick Wagner, l’animateur de la revue, a su constituer autour d’elle.
Un sacré mélange des genres.
Passer de Morand à Céline ? Pas évident ! Les styles sont différents, et même divergents. Cela n’interdit pas d’apprécier éventuellement les deux.
En tout cas il faut saluer la persévérance des céliniens qui publient pour leur part une revue mensuelle consacrée au seul Céline, et ceci depuis 45 ans Merci à Marc Laudelout ! Avec Félicien Marceau, Hergé et Denoël, il fait partie des rares Belges que je supporte. Je viens de recevoir son numéro de l’été, et il nous annonce déjà un numéro 500 qui sera musclé ! Celui-ci est le 497 numéro, qui sera réalisé en synergie avec la Société des Lecteurs de Céline, de Christian Mouquet, à laquelle je m’enorgueillis d’appartenir (j’ai été appâté par les textes tirés à part et envoyés aux seuls adhérents).
Ce numéro 500 tombe à pic car la revue d’extrême gauche Le Monde diplomatique de cet été vient de nous ressortir un vieil article qui nous explique pourquoi il aurait fallu interdire Céline de publication, lors de son retour en France, mais que maintenant il est trop tard. Le mal est fait etc… On s’en consolera comme on peut.
Pendant que je rédige cette rapide « note de lecture », je vois qu’il fait 40° à l’ombre, dans mon cher Berry, très précisément à Argenton-sur-Creuse. On n’a jamais connu cela, me disent mes voisins de bord de Creuse. Ce qui est certain, c’est que Jean Mabire, homme du nord, et surtout de Normandie, n’aurait pas apprécié. Le 75e numéro de la revue de ses amis nous apporte donc un peu de fraicheur : la Normandie, Thulé… des coins où l’on ne risque pas de mourir d’insolation. On me signale pourtant qu’en Normandie, actuellement, le thermomètre flirte avec les 30° Dans ce cas, il reste Thulé, chez les Inuits ou les vikings : l’Islande ou le Groënland. Mais Thulé n’est pas un lieu, c’est un symbole, nous rappelle Arnvald du Bessin, analysant « la vision européenne de Jean Mabire ». « Moins une destination qu’un horizon ». Mabire rejoint Raspail quand il nous dit parle du soleil du Nord, lumière surgie des brumes septentrionales, soleil retrouvé des hyperboréens.
Les plaines du Nord, les mythes de l’hyperborée, c’est de saison !
Et l’auteur de cet article quelque peu lyrique termine ses propos en nous incitant à retrouver l’Europe, sa mémoire la plus profonde, celle qui remonte « aux rivages atlantiques, aux forêts germaniques, aux plaines du Nord et aux mythes de l’Hyperborée ». Je crois en effet que c’est de saison !
Dans un tout autre domaine, l’Association du souvenir La Chouannerie du Maine (ASCM) fête le 400e anniversaire de la création de la marine royale. Un coup de chapeau à cette petite association qui fait revivre pour nous le chef chouan Jean-Louis Treton, dit Jambe d’argent (1770-1795).
Francis Bergeron
Les amis de Jean Mabire 1 rue de l’Eglise, Baulne-en-Brier, 02330 Vallée-en-Champagne (contact@jean-mabire.com)
Le Bulletin célinien, BP 42004 59011 Lille cedex (bulletinlfc@gmail.com)
Livr’arbitres, (chez Patrick Wagner) 36 bis rue Balard 75015 paris
(livr-arbitres@outlook.fr))
Revue du Souvenir La Chouannerie du Maine, Le Moulin de la Place 53230 Méral (rousseaulaplace@orange.fr)

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