Marine

Sera-t-il encore pertinent de s’appuyer sur le RN pour faire barrage au Bloc Central en 2027 ?

De très nombreux électeurs de Reconquête ou des nationalistes ayant fait le choix de l’abstention lors du 1er tour de la Présidentielle de 2022 (insensibles aux musiques jouées par les deux formations qui sollicitaient leur suffrage), ont accepté sans enthousiasme mais par pure nécessité de voter pour Marine Le Pen au 2nd tour. Dans le seul but de « faire barrage » à Macron. L’homme qui avait fait entrer 2 millions d’immigrants supplémentaires en France au cours de son quinquennat, qui avait mutilé et éborgné des Gilets Jaunes et qui avait décidé « d’emmerder les non-vaccinés » (sic). 

Lors des législatives des 12 et 19 juin 2022, des électeurs de Zemmour à la Présidentielle se résignèrent, la mort dans l’âme, à « voter utile » en accordant leur voix dès le 1er tour au RN dans le seul objectif de limiter au maximum le nombre de députés du Bloc centro-bourgeois et tenter d’empêcher notamment la perpétuation de l’infâme passe sanitaire.

Calcul payant car la présence des 89 députés RN ainsi que celle de 131 parlementaires NUPES permirent à n’en pas douter de faire renoncer Emmanuel Macron à prolonger indéfiniment la durée de son certificat de ségrégation sérologique. 

Lors des législatives anticipées de 2024, ces mêmes électeurs acceptèrent une nouvelle fois de glisser un bulletin UDR-RN dans l’urne avec pour dessein cette fois de permettre à cette alliance Ciotti-Le Pen de décrocher la timbale de la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Raté. Le tandem UDR-RN n’enverra « que » 143 députés au Palais Bourbon. 

Le RN : un opposant qui ne s’oppose pas (ou si peu)

Ces votes purement tactiques en faveur du RN touchent peut-être à leur fin. L’agacement, la lassitude voire la colère à l’encontre du RN, qui ne s’oppose pas comme il le devrait, prennent dorénavant le pas parmi les membres de la « famille nationale » sur la seule logique du « moindre mal ».

La validation de Richard Ferrand au Conseil constitutionnel (pour prétendument éviter aux Français Dupont-Moretti ou Taubira en lieu et place…) et le refus de déclencher l’article 68 de la Constitution relatif à la destitution du Président de la République (alors que les motifs abondent largement!) ont fini d’écœurer même les plus indulgents.  

Mais la goutte d’eau qui fait déborder le vase c’est le vote du RN en faveur de l’interdiction des réseaux sociaux (RS) aux moins de 15 ans. Les patriotes savent désormais qu’il ne faut même plus compter sur le RN pour la défense des libertés fondamentales. 

Que le RN ait apporté son concours à cette loi par bêtise (« il faut protéger les mineurs »), par lâcheté (« c’est un mauvais texte mais on ne veut pas être accusé d’abandonner les enfants ») ou par calcul cynique (« allons-y, ça nous évitera des ennuis et les Français n’y entendent rien »), ce vote laissera une tâche indélébile sur le bilan parlementaire du RN auprès de nombreux militants de la Droite Nationale. 

Les nationalistes savaient déjà qu’ils ne devaient pas attendre quoi que ce soit du RN concernant les questions de société : le RN a voté la constitutionnalisation de l’avortement et 17 députés RN ont soutenu le texte sur l’euthanasie. Les nationalistes avaient également compris qu’on ne pouvait plus compter sur le RN pour le maintien d’une politique étrangère française singulière au Proche-Orient, l’alignement sur les positions israéliennes étant désormais total quitte à abandonner au passage les Chrétiens d’Orient et fermer les yeux sur les souffrances subies par le Liban à cause des incendiaires de Tel-Aviv.  

Les groupes nationalistes persécutés savent également que le RN ne leur sera jamais d’aucun secours. Quand le RN ne se tait pas concernant les poursuites judiciaires iniques subies par des militants nationalistes, d’aucuns parmi eux demandent ni plus ni moins la dissolution de ces mouvements. Attitude qui n’a rien à envier à celle du trio Nuñez-Darmanin-Retailleau.

Et donc pour finir les nationalistes découvrent que le RN vote à l’unisson avec l’Extrême-Centre pour la surveillance et la censure des RS. La coupe est pleine. 

À moins de donner de très sérieux signes d’ici 2027 visant à protéger les libertés numériques, comme une annonce solennelle disposant qu’en cas de victoire de Marine Le Pen ou Jordan Bardella, la France s’opposera farouchement à la mise en place d’un portefeuille d’identité numérique, d’un euro digital et programmable (visant à remplacer à plus ou moins court terme les espèces) ou de tout type de politique qui s’apparenterait de près ou de loin à la mise en place d’une forme de crédit social, nombre de nationalistes décideront probablement de ne plus endosser le rôle du castor patriote qui « fait barrage » au candidat du Bloc Central, qu’il se nomme Darmanin, Philippe ou Attal.  

Maurice Gendre

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