Le 7 mars 2026, nous commémorons le 752e anniversaire de la mort de Saint Thomas d’Aquin, Docteur de l’Eglise. Thomas d’Aquin est le saint patron des Universités, écoles et académies catholiques depuis 1880. Il est aussi le saint patron des libraires.
Comme c’est assez souvent le cas au Moyen-Age, on ignore quand et où il est né, et on présume qu’il serait venu au monde en 1225 ou 1226 au château de Roccasecca, bien que certaines traditions locales affirment qu’il serait né au château de Belcastro.
De noble extraction, Thomas d’Aquin était fils du Seigneur Landulphe d’Aquino, issu d’une grande famille italienne attachée au parti pontifical. Sa famille le vouait à une carrière ecclésiastique et ambitionnait qu’il devienne Abbé du Mont Cassin. Mais Thomas souhaitait devenir Dominicain et n’imposa sa volonté qu’à l’issue d’un conflit douloureux avec sa famille.
Instruit enfant à l’abbaye bénédictine du Mont Cassin, Thomas d’Aquin fréquenta ensuite une académie locale, le Studium regni de Naples, avant d’étudier à l’Université de Paris où il eut pour maître Albert le Grand. Son séjour universitaire révéla ses dispositions pour l’étude, et il rédigea plusieurs Commentaires dont celui du Livre des Sentences de Pierre Lombard qui servait de manuel de théologie à l’Université de Paris.
Devenu Maître-Régent en 1256, il partit enseigner en Italie de 1259 à 1268. Pendant ce séjour, il rédigea de nombreux textes parmi lesquels la Somme contre les Gentils, et entama d’écrire, entre autres, ce qui allait devenir au fil des ans la Somme théologique.
En 1268, il retourna à Paris où il demeura jusqu’en 1273 dans un contexte de querelles universitaires. Son activité intellectuelle ne fléchit pas. Il rédigea la seconde partie de la Somme théologique ainsi que des Commentaires des œuvres d’Aristote.
En 1272, Thomas d’Aquin fut envoyé en Italie pour enseigner, mais aussi pour organiser le Studium generale des Frères Dominicains. Il y poursuivit la rédaction de la troisième partie de la Somme théologique.
Le 6 décembre 1273, selon le témoignage de son assistant, Thomas d’Aquin aurait vécu une expérience spirituelle bouleversante tandis qu’il célébrait la messe. Son corps aurait même connu un moment de lévitation. Après cet événement, Thomas d’Aquin cessa d’écrire, considérant que tout ce qu’il avait écrit était insignifiant en comparaison de ce que sa vision mystique lui avait montré. A Dieu qui lui aurait demandé ce qu’il désirait pour récompense de ses nombreux écrits, Thomas d’Aquin aurait répondu : « Rien que Vous, Seigneur ! » Dès lors, sa santé déclina rapidement et il mourut le 7 mars 1274, à l’âge de 59 ans environ.
Pourquoi commémorer Saint Thomas d’Aquin aujourd’hui ?
L’influence de Thomas d’Aquin a été immense de son vivant. Elle est restée considérable jusqu’à nos jours, au point que l’on parle encore de thomisme ou de philosophie thomiste, et que de nombreux chercheurs, théologiens, philosophes, historiens consacrent leurs travaux à étudier son œuvre.
Thomas d’Aquin a rédigé des ouvrages monumentaux. La Somme théologique, ou encore la Somme contre les Gentils, restent aujourd’hui des piliers de la théologie et de la philosophie catholiques. Il y explore systématiquement la nature de Dieu, la morale et la condition humaine en utilisant la philosophie d’Aristote comme cadre pour la théologie chrétienne. En ce sens, on peut dire que Thomas d’Aquin a fait le lien entre la pensée antique grecque et le christianisme, montrant ainsi les racines helléno-chrétiennes de notre civilisation.
La pensée de Thomas d’Aquin repose sur la conviction que la raison est un don que Dieu a fait aux hommes pour leur permettre de découvrir l’univers, c’est-à-dire, la Création, mais aussi de chercher à comprendre les mystères de leur existence. La foi vient alors compléter ce que l’esprit humain ne peut comprendre, proposant la révélation divine comme suite ultime à la compréhension humaine.
Notre société connaît de multiples crises. Aux crises économique, financière, sociale, environnementale, existentielle… il faut ajouter la crise spirituelle peut-être la plus grave que l’Occident a connue depuis la Réforme protestante et la Révolution française de 1789. La France est devenue un pays largement déchristianisé. Mais cette déchristianisation, parce qu’elle a débouché sur un vide spirituel, a plongé les hommes dans le désarroi. Pourquoi vivons-nous ? L’existence a-t-elle un sens ? Qu’adviendra-t-il de nous au moment de notre mort ?
Face à ce désarroi, Saint Thomas d’Aquin apporte, sinon des réponses, au moins des pistes de recherche. Si l’existence de Dieu peut être démontrée par la raison humaine, alors la vie retrouve un sens. La vie retrouvant un sens, l’homme aperçoit le but de son existence propre. Et atteindre ce but détermine la vie que l’on veut mener.
C’est peut-être pour cela qu’il importe non seulement de commémorer, mais également de lire, d’étudier et de méditer Saint Thomas d’Aquin aujourd’hui.
André Murawski







