Pour la première fois, sous sa première comme sous sa seconde présidence, que Donald Trump consentait à assister le 24 avril à l’hôtel Hilton de Washington au gala annuel des correspondants de presse (qui lui sont pour la plupart hostiles) accrédités auprès de la Maison-Blanche, il a été servi. A peine les participants avaient-ils applaudi le discours de bienvenue que des coups de feu retentissaient, obligeant le service d’ordre à évacuer le couple présidentiel et les invités en tenue de soirée à se précipiter sous les tables.
Mais tout est bien qui finit bien. L’auteur des tirs, le Californien afro-américain Cole Tomas Allen, a été neutralisé. Ingénieur, créateur de jeux vidéo, enseignant dans un organisme spécialisé dans la préparation aux examens d’entrée à l’université, et récipiendaire dans cet établissement du prix de « Professeur du mois » en décembre 2024, il n’est pas connu pour son activité politique, excepté une modeste obole pour la campagne de Kamala Harris. Selon Trump, qui a aussitôt publié sur son réseau social la photo d’Allen, l’individu serait « dérangé ».
C’est également ce que l’on avait dit de l’assassin le 10 septembre 2025, lors d’un meeting à l’université d’Utah Valley, de Charlie Kirk, l’un des principaux animateurs du mouvement MAGA avec le futur vice-président J. D. Vance, le journaliste vedette Tucker Carlson, l’influenceuse afro-américaine Candace Owens et le vétéran de l’Irak comme de l’Afghanistan Joe Kent. Le tueur présumé Tyler James Robinson, un étudiant gauchiste et peu doué, issu d’un foyer désuni et concubin d’une transgenre, se montra incapable d’expliquer son geste et comment il avait acquis son arme.
« Tout faire pour éviter une guerre contre l’Iran »
Et peut-être pour cause. Après avoir claqué la porte le 17 mars du National Counterterrorism Centre, équivalent de notre DGSE, dont il avait été nommé directeur après l’élection de Trump (1), Joe Kent accordait le lendemain à Tucker Carlson un long entretien au cours duquel il n’excluait pas que l’assassinat de Kirk ait été téléguidé par Israël (https://tuckercarlson.com/live-show-march-18-2026).
Affirmant que, d’abord chargé d’enquêter sur l’attentat, le Counterterrorism Centre avait été dessaisi du dossier au profit du FBI, qui « bloquait toute investigation approfondie », Kent révélait aussi que lors de sa dernière rencontre avec Charly Kirk à la Maison-Blanche, peu de temps avant l’élimination du prometteur trentenaire, celui-ci l’avait mis en garde contre Israël et « imploré de tout faire pour éviter une guerre contre l’Iran ».
« Ainsi, ajoutait-il, quand l’un des plus proches conseillers du président Trump, nous supplie de ne pas mener une telle guerre et de reconsidérer, à tout le moins, nos relations avec les Israéliens, et puis est subitement assassiné en public, et que nous ne sommes pas autorisés à poser les moindres questions à ce sujet, c’est un point crucial. »
Candace Owens devait résumer l’intervention de Kent en déclaraient un peu abruptement : « Charlie Kirk assassiné après avoir rejeté le deal avec Netanyahou. » Mais Tucker Carlson lui-même n’avait-il pas déclaré d’emblée après le déclenchement conjugué de Lion Rugissnt et de Fureur Épique que ce n’était « pas la guerre des États-Unis mais la guerre d’Israël » ?
Interrogé le 9 avril sur ces accusations, Donald Trump devait les rejeter en bloc sur son réseau « Truth Social : « Je sais pourquoi Tucker Carlson, Megyn Kelly, Candace Owens, Joe Kent et Alex Jones […] trouvent formidable [sic] que l’Iran, premier État soutenant le terrorisme, ait l’arme nucléaire. C’est parce qu’ils ont quelque chose en commun : ils ont un QI bas. Ils sont stupides… Ils ont tous été virés de la télévision, ont perdu leurs émissions, et ne sont même plus invités sur les plateaux parce que personne ne s’intéresse à eux, ce sont des déséquilibrés, des fauteurs de troubles », qui feraient bien « d’aller voir un psychiatre ».
Reste à savoir qui est réellement déséquilibré. Ceux qui, avant l’offensive du 28 février, plaidaient la modération, ou celui qui, dès le 3 mars, croyait pouvoir annoncer triomphalement : « Nous avons gagné la guerre » avant de jurer de « ramener l’Iran à l’âge de pierre », menace d’ailleurs brandie derechef le 23 avril, cette fois par Israël Katz, ministre israélien de la Défense ? A la lumière de la liquidation de Charly Kirk, on peut toutefois se demander si l’étrange attentat de Washington n’était pas un avertissement à l’hôte de la Maison-Blanche au cas où faibliraient ses ardeurs guerrières.
Camille Galic








